Mario et Sonic aux J.O. de Tokyo 2020 : Notre Test

Ces dernières années, les éditeurs se sont calmé sur les simulations sportives à licences, préférant concentrer leurs efforts sur une poignée de titres réellement porteurs. L’arrivée de la Switch sur le marché change tout de même la donne, l’ergonomie de ses Joy-Con permettant de renouer avec la convivialité de l’ère Wii. Mario & Sonic aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020 illustre bien cette volonté de toucher le plus large public possible, au risque d’oublier de combler les vrais fans du genre…

Un game design simpliste

Les épreuves ne manquent pas au menu de ce nouveau Mario & Sonic, puisqu’il est possible de s’essayer au tir à l’arc, au surf, au skateboard, à l’escrime, au karaté, au tennis de table, au badminton, au 100 mètres, au relais, au 110 mètres haies, au triple saut, au lancer de poids, et on en passe. Comme le veut la tradition, chaque mini-jeu a droit à son game design spécifique… ou plutôt à ses game designs, l’expérience changeant du tout au tout si l’on joue avec le pad classique ou la capture de mouvements. Evidemment, des épreuves comme le ping-pong sont pensées pour un gameplay façon Wiimote. Mais s’il est amusant d’agiter son Joy-con dans tous les sens pendant quelques minutes, le plaisir ne dure pas très longtemps, et l’aspect très basique des commandes a de quoi frustrer, surtout en comparaison du beaucoup plus réussi Sports Champion sur PS3. De fait, les limitations du motion gaming se répercutent sur le gameplay au pad, le joueur n’ayant pas le droit de déplacer le personnage même quand il opte pour ce type de commandes. Dans l’épreuve de badminton, on peut certes déplacer son avatar avant de servir, mais les coups suivants se résument à enfoncer la touche d’action avec le meilleur timing possible.

Le mode solo à la rescousse

Globalement très courtes donc frustrantes, en particulier l’escrime et le karaté, les épreuves ne sont donc pas des modèles de complexité, et l’ajout de coups spéciaux (souvent accessibles avec la touche R lorsqu’une barre d’énergie est remplie) ne fait qu’approfondir artificiellement le game design. Certaines épreuves s’en sortent mieux que d’autres au pad, notamment le skateboard, la boxe ou le surf, mais l’intérêt général reste tout de même très relatif. Evidemment à même de divertir un groupe d’amis lors d’un apéro (l’alcool est mauvais pour la santé, tout ça tout ça), Mario & Sonic aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020 reste un party game de plus, dans un genre encore aujourd’hui dominé par Mario Party. Les développeurs se rattrapent néanmoins grâce à un mode aventure assez sympathique, renvoyant la moitié de ses personnages jusqu’aux précédents J.O. de Tokyo, c’est-à-dire en 1964. L’intrigue alterne donc entre des séquences modernes réalisées en 3D temps réel, avec de nombreux décors authentiques à visiter (dont Shibuya, la Tour de Tokyo et les différents sites olympiques), et des scènes en pixel art recyclant des sprites de la Megadrive ou de la NES. A noter que les épreuves de 1964 ont droit à un game design légérement différent, et que des déambulations intermédiaires donnent à l’ensemble une ambiance de RPG façon Golf Story. Sympathique, faute d’être révolutionnaire.

En bref : Un party game au contenu riche mais au game design un peu paresseux. L’aventure solo divisée en deux époques distinctes rehausse heureusement le niveau.

Notre Verdict : 6,5/10

Crédits : Sega, Nintendo

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