Marvel Ultimate Alliance 3 : Notre Test sur Nintendo Switch

Lorsque le premier Marvel Ultimate Alliance sortait sur consoles en 2006, le genre super-héroïque faisait encore figure de proposition esthétique alternative. Il faudra en effet attendre la sortie d’Iron Man deux ans plus tard pour que Marvel Studios pose les premières pierres de ce qui deviendra un empire culturel global. Marvel Ultimate Alliance 3 : The Black Order apparaît donc dans un contexte bien différent, la saturation du marché rendant ses choix de narration et de game design beaucoup moins enthousiasmants…

Un hic dans le level design

Si l’inclinaison de la caméra, jadis en plongée radicale sur l’action, s’est peu à peu rapprochée des standards du beat’em all à la troisième personne, voire de certains Third Person Shooter, peu de choses ont changé entre ce troisième épisode et l’original de 2006. Le fait que la licence soit désormais gérée directement par Nintendo (d’où l’exclusivité Switch) et développée par la Team Ninja (Ninja Gaiden, Dead or Alive) n’est donc pas révolutionnaire en soi. Le fait que les Pierres de l’infini et Thanos soient une nouvelle fois au centre de l’intrigue n’aide pas non plus à susciter la curiosité vis-à-vis des enjeux dramatiques. Concrètement, il s’agit toujours de venir à bout de niveaux linéaires dont les différents segments sont entrecoupés de cinématiques ou de boss, aux commandes d’une équipe composée de quatre super-héros. En termes de level design, MUA3 n’est pour être honnête pas loin de la catastrophe : chaque niveau n’est qu’un enchaînement de salles cubiques reliées entre elles par des couloirs ou des escaliers lambda. Les textures et couleurs sont répétitives, le niveau de détails sommaire, et les énigmes infantiles. Pour accéder aux zones suivantes, il faut soit briser des cloisons de façon prédéterminée en utilisant un pouvoir spécial, soit ouvrir une porte en interagissant avec une commande tellement mise en surbrillance qu’un mal-voyant ne pourrait pas la manquer. Des caisses (cubiques elles aussi) sont disséminées aux quatre coins des décors, recelant des bonus à dépenser dans les labos du SHIELD, afin de développer ses aptitudes et pouvoirs. Cette partie RPG pimente heureusement la partie, tout comme la possibilité de bénéficier de boosts lorsqu’on choisit des personnages complémentaires (comme un groupe d’Avengers, par exemple). On ne peut pas non plus nier la durée importante de l’aventure, le jeu se pliant en près de neuf heures, soit trois de plus que la moyenne constatée dans le genre. On aurait tout de même aimé passer moins de temps à déambuler dans ces arènes sans âmes…

Un roster idéal

D’une paresse dramatique, le level design rend l’expérience de jeu d’autant plus frustrante que les adversaires apparaissent de façon aléatoire et répétitive, sous formes de hordes à l’intelligence très relative. Le plaisir de jeu est donc ici à chercher du côté du roster, composé de quelques-uns des héros les plus emblématiques de l’univers Marvel. Alternant entre les looks de la bande dessinée et ceux des longs-métrages, le character design est globalement très réussi, et l’ergonomie des différents personnages offre une variété d’approches assez jouissive. Incluant des combats contre Nebula, Ronan et l’Homme-Sable, les trente premières minutes demandent au joueur de se faire la main en maniant les Gardiens de la galaxie. L’idée est payante, puisque chaque personnage présente des caractéristiques très singulières : Peter Quill se déplace en dans les airs et manie deux pistolets laser, le duo Groot / Rocket alterne armes à feu et combat au corps à corps, Gamora se spécialise dans les attaques à l’arme blanche et Drax table sur une force brute. Une fois Sandman refroidi, une dizaine de persos supplémentaires font leur apparition (dont Captain Marvel, Captain America, Iron Man, Wolverine ou Scarlet Witch), et chacun des niveaux suivants permettra de débloquer de nouveaux guerriers. Comptant au final 36 héros (dont Miles Morales et Spider-Gwen, les héros du génial Spider-Man : New Generation), Marvel Ultimate Alliance 3 soigne également sa palette d’actions disponibles, avec juste ce qu’il d’attaques normales, d’attaques lourdes, de pouvoirs secondaires ou de furies (à combiner à deux, trois ou quatre) pour combler les fans. En cela, le jeu n’est pas sans rappeler les adaptations LEGO de l’univers Marvel… mais reste bien loin du savoir-faire de Traveler’s Tale en matière de game design.

Des choix techniques judicieux

Techniquement, Marvel Ultimate Alliance 3 aurait pu souffrir des spécificités vieillissantes de la Switch, notamment en raison du nombre de personnages affichés dans la plupart des écrans. Les auteurs sont parvenus à détourner les pièges réservés par la console en optant pour une esthétique cell-shading très efficace, permettant de gérer des modélisations plus sommaires sans pour autant se priver d’une certaine ambition esthétique. Le framerate est globalement très convenable, avec du 30 images par seconde en moyenne en mode portable. Le côté convivial de la Switch est évidemment mis en avant avec la possibilité de jouer à quatre en ligne ou (et c’est hautement conseillé) en local comme au bon vieux de temps des beat’em all arcade de Capcom ou de Konami. La répétitivité du titre sera toujours moins handicapante à plusieurs…

Notre Verdict : 6,5/10

Crédits : Nintendo