Team Sonic Racing : Notre Test

En 2010, Sonic and Sega All-Stars Racing sortait sur Xbox 360, PS3 et Wii, proposant une alternative très crédible au tout puissant Mario Kart de Nintendo. Deux ans plus tard, All-Stars Racing Transformed se permettait d’innover dans le genre, ses métamorphoses de véhicules en pleine course étant appelé à inspirer directement Mario Kart 8. Après une pause de sept ans, Sega revient au jeu de course avec Team Sonic Racing, dont le concept central a une nouvelle fois des chances de marquer durablement le genre.

Ne faisons pas durer le suspense : Team Sonic Racing est très loin d’égaler Mario Kart 8 Deluxe sur son propre terrain. Plusieurs raisons à cela : un contenu certes généreux, mais incomparable avec celui du blockbuster de Big N ; une galerie de personnages exclusivement tirée de la franchise Sonic, alors que les précédents opus puisaient dans Jet Set Radio, Space Channel 5, Shenmue ou Crazy Taxi ; un mode multijoueurs problématique sur Switch, où les compositions d’équipe sont désespérément aléatoires ; enfin, des circuits qui manquent de piquant. Pour être précis, le level design n’est pas catastrophique et, outre une poignée de raccourcis et de passages parallèles, certaines sections peuvent proposer des concepts inattendus (piste transparente, obligation de rouler sur les parois, etc.). Hélas, le danger se fait trop rarement sentir, en raison d’événements trop rares, de courbes trop discrètes et d’une largeur de route rendant le défilement de l’écran assez mou. Les gadgets disséminés dans le décor sont classiques : cubes à placer derrière soi, pouvoir d’invincibilité, projectiles, et on en passe. Des rangées d’anneaux sont également disposées sur le bitume, permettant de rester dans la course en cas d’impact ou de remplir des objectifs annexes lors du mode « Aventure ».

Des modes classiques

Côté mode, rien de révolutionnaire non plus : le Solo s’apparente à une succession de courses et de tournois en tout genre, avec la possibilité de choisir sa difficulté avant chaque épreuve (en difficile, vos points seront multipliés par deux). Des épreuves annexes sont accessibles sur la carte, allant de la course de slalom à la pêche aux anneaux, en passant par la course de survie. De nouveaux personnages se débloquent lorsqu’on a rempli un certain nombre de courses et remporté un nombre donné d’étoiles (des récompenses données au joueur selon ses performances). Des modes multijoueurs sont évidemment disponibles, la Switch pouvant accueillir jusqu’à 4 coureurs en local sans trop de répercussions sur le framerate.

Un team-play innovant

Si sur la forme, il n’y a pas de quoi danser une gigue, Team Sonic Racing se révèle assez remarquable dès lors que l’on s’intéresse à la profondeur de son Game Design. La grande idée de Sumo Digital, studio déjà responsable des deux opus précédents mais aussi de plusieurs suites d’Out Run dans les années 2000, s’est visiblement posé les bonnes questions, et a trouvé LA solution idéale pour que le soft se distingue de la concurrence : dans Team Sonic Racing, il ne faut pas gagner les courses en solo, mais en équipe de trois. Loin d’être anecdotique, ce choix de design impacte l’expérience de jeu dans son ensemble, et impose des mécaniques inédites dans le genre. Lorsqu’un membre de l’équipe est en tête, il laisse derrière lui une traînée dorée que ses coéquipiers peuvent utiliser comme source d’aspiration. Lorsqu’un joueur ramasse un item, il peut le transmettre à ses partenaires, en le mettant « sur le marché » d’une simple pression de bouton. De même, il est possible de s’emparer d’items récoltés par l’équipe, un projectile étant toujours plus utile lorsqu’on se trouve en 5ème position plutôt qu’en tête. Enfin, il est possible de charger un super turbo à plusieurs, que le véhicule de tête pourra déclencher au moment opportun, avec les conséquences que cela implique sur le classement. Déjà très réussi en solo grâce à des intelligences artificielles sophistiquées, ce game design prend tout son sens en multi, le partage d’items devenant rapidement le nerf de la guerre.

A fond la caisse ?

Techniquement, Team Sonic Racing est dans la moyenne du genre, une mise à jour post-release ayant déjà corrigé certains problèmes de framerate rapportés par les joueurs console. Sur PC, PS4 et Xbox One, le jeu est d’une finesse attendue, mais la version Switch s’en sort elle aussi étonnamment bien, bénéficiant même d’un défilement de 30 images par seconde en mode portable. Certains détails ont toutefois dû être laissés de côté sur la machine de Nintendo pour des raisons de stockage, notamment une cinématique d’ouverture présente sur toutes les autres versions. Quelque soit le support, on se permettra d’émettre quelques réserves sur la qualité de la bande originale (cette techno bas de gamme sur les écrans de chargement était-elle vraiment nécessaire ?), et sur la qualité globale des dialogues (les doubleurs n’y sont pour rien). Même avec ces défauts, il y a fort à parier que l’influence de Team Sonic Racing pèse sur le genre dans les prochaines années, et en vienne à inspirer le prochain Mario Kart…

En bref : Un contenu et des circuits décevants, mais le game design basé sur le team-play est un coup de génie absolu, appelé à marquer durablement le genre.

Notre Verdict : 7,5/10

Crédits : Sega