Star Citizen : le récit d’une production chaotique

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Vous ne le connaissez sans doute pas encore, mais Star Citizen est sans doute l’un des projets les plus ambitieux de l’histoire du jeu vidéo. Financé en grande partie de façon participative, ce jeu de rôle spatial va bientôt atteindre sa huitième année de production, et aucune date de sortie n’est encore annoncée, ni pour son mode multijoueurs aux proportions délirantes, ni pour son mode solo intitulé Squadron 42. Ces paradoxes ont attiré l’attention du magazine Forbes, qui vient de publier une enquête passionnante sur les dessous de l’affaire

Il est bien précisé dans l’article de Forbes que ni Star Citizen ni Squadron 42 ne sont des arnaques. Les deux jeux occupent bel et bien des centaines de développeurs à plein temps depuis près d’une décennie, d’où le budget colossale qui approche désormais des 300 millions de dollars. L’enquête nous apprend, par l’intermédiaire d’anciens employés ou prestataires du studio Cloud Imperium Games, que la gestion du jeu est tout simplement chaotique, trop éclatée, trop hésitante, bref pas assez focalisée sur l’objectif principal : proposer un jeu à l’achat, qui soit suffisamment stable pour que le public puisse s’y plonger. Encore aujourd’hui à l’état de version Alpha, Star Citizen est l’oeuvre de Chris Roberts, un nom bien connu des vétérans du jeu PC puisqu’il a déjà signé la saga Wing Commander entre la fin des années 1980 et le milieu des années 1990, mettant en scène des comédiens comme Mark Hamill (Luke Skywalker en personne), John Rhys-Davies (Gimli dans Le Seigneur des Anneaux) ou Malcolm McDowell (l’anti-héros d’Orange mécanique).

Après s’être grillé avec le bide de Freelancer en 1999, Chris Roberts tente l’aventure hollywoodienne en adaptant son propre Wing Commander à l’écran ; le film est hélas un nanar indescriptible et explore les profondeurs du box office mondial. Roberts reste à flot en co-fondant une société de production notamment responsable de Lord of War d’Andrew Nicoll avec Nicolas Cage, mais les vrais succès se font attendre. Bientôt blacklisté dans le monde du cinéma parce qu’il a côtoyé de mauvaises personnes, notamment du côté de l’Allemagne, Roberts revient au jeu vidéo en 2011, et lance kickstarter l’année suivante pour Star Citizen. Avec des millions en poche, il décide de créer un site pour lever des fonds sans l’intermédiaire des plates-formes spécialisées, et vend au bout de quelques années des vaisseaux aux joueurs, parfois pour des sommes délirantes (dans les 1500 euros pour certains véhicules virtuels), appelés à être pilotés dans le jeu définitif, et déjà jouables dans l’Alpha 3.5 pour le moment réservée aux « backers » de la campagne Kickstarter et du Shop du site officiel.

On vous conseille vivement la lecture du dossier de Forbes, qui laisse clairement entendre que nous ne mettrons pas de sitôt la main sur une version pleinement jouable de Star Citizen ou de son petit frère, Squadron 42, qui met de nouveau en vedette Mark Hamill. Reste à se consoler avec les heures de gameplay diffusées par Chris Roberts lors d’événements organisés par son studio, dévoilant un niveau de détail et d’immersion jamais vu dans quelque univers vidéoludique que ce soit…

Crédits : Cloud Imperium Games