Fortnite : la face cachée du succès

C’est un article qui va sans doute provoquer pas mal de remous dans le petit monde du jeu vidéo : pendant plusieurs mois, des journalistes de l’excellent site spécialisé Polygon ont enquêté sur les conditions de travail au sein du studio Epic Games, et il ressort un sentiment de pression implacable pour maintenir le succès commercial de Fortnite.

Heures supplémentaires soi disant basées sur le volontariat, stress, hostilité de la hiérarchie, sentiment de peur grandissant… Les termes qui traversent le dossier de Polygon contrastent clairement avec l’esthétique colorée et cartoonesque de Fortnite. Ayant promis à ses fans des mises à jour quotidiennes, Epic use visiblement ses équipes pour rester à flot, et l’absence de syndicat réellement puissant dans le monde de la création vidéoludique permet à des mauvaises habitudes de se propager sans contrôle.

Voici entres autres les informations partagées par les sources (des développeurs ayant préféré rester anonymes de peur de perdre leur emploi) :

  • Une moyenne de 70 heures de travail par semaine pour plus de 50 employés. Souvent des pointes à 100 heures.
  • Si une personne refuse de faire des heures supplémentaires, elle est mal vue par la hiérarchie.
  • Des congés théoriquement illimités mais impossibles à prendre en raison de la charge de travail.
  • La pression liée aux patches et aux mises à jour est presque impossible à gérer, et la hiérarchie est visiblement très concernée par l’arrivée de nombreux concurrents sur le marché.
  • Les corrections en cas de bugs doivent être immédiates. Si une arme ne fonctionne plus, les programmeurs ne peuvent pas la retirer en attendant la prochaine MAJ.
  • La pression s’invite dans la vie domestique des développeurs, et de nombreux semblent être au bord du burn-out.
  • Le studio comprend une salle de sports mais plus personne n’a le temps d’y aller depuis longtemps, car l’urgence du développement est permanente.
  • Des développeurs ont été renvoyés suite à leur refus de travailler le week-end ; et travailler le week-end était la seule possibilité d’accomplir les tâches qu’on leur avait attribuées.
  • Certains exécutifs demandent des « corps » supplémentaires en période de pointe ; c’est-à-dire des programmeurs embauchés par des sociétés prestataires.
  • Les sociétés prestataires chargées d’épauler le développement signent un contrat pour 6 à 12 mois, et le contrat est ensuite renégocié en fonction de la qualité du travail selon les critères d’Epic.
  • Le SAV est lui aussi sous l’eau : avec le succès du jeu, ils sont passés de 20 tickets à 3000 tickets à gérer par jour. Des prestataires ont été engagés pour soutenir le flux mais n’ont pas bénéficié d’une formation suffisante.

Pour rappel, la version 8.40 est disponible sur tous les supports existants, et la version 8.50 arrivera dans les prochains jours.

L‘article complet de Polygon, en anglais, peut et doit absolument être consulté à cette adresse.

Crédits : Epic Games, Polygon